Autogestion, activité physique et BPCO: redonner du souffle au quotidien

Mieux vivre au quotidien grâce à une application mobile. Tel est l’objectif de l’intervention digitale «Respir’air BPCO», qui propose des ressources facilement accessibles pour une autogestion efficace de la maladie en favorisant l’activité physique. Détail dans le Journal La Source.

Par Ricardo Salgado, maître d’enseignement, Institut et Haute École de la Santé La Source

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) touche des centaines de milliers de personnes en Suisse. Cette maladie respiratoire chronique provoque une obstruction progressive et irréversible des voies aériennes, rendant chaque respiration plus difficile. Pour celles et ceux qui en souffrent, le quotidien se complique: les gestes simples demandent plus d’effort, la fatigue s’installe, et la qualité de vie s’en ressent.

Pour mieux vivre avec la BPCO, l’autogestion joue un rôle clé. Elle désigne la capacité des personnes à gérer leur santé au quotidien, avec le soutien de leurs proches, de la communauté et des professionnel·les de santé. Cela passe par la surveillance des symptômes, la gestion des traitements, l’adaptation du mode de vie et la prise en compte des dimensions psychologiques et sociales de la maladie. Au cœur de cette démarche: l’activité physique, reconnue pour améliorer la tolérance à l’effort, réduire la fatigue et l’essoufflement et diminuer le risque d’hospitalisation.

Aujourd’hui, l’autogestion est principalement encouragée dans le cadre des programmes de réhabilitation pulmonaire. Essentiellement proposés en présentiel, ces programmes ont démontré leur efficacité, mais demeurent difficiles d’accès pour de nombreuses personnes: manque d’infrastructures, contraintes de transport, symptômes trop invalidants… autant d’obstacles qui en limitent la portée. Même chez les personnes ayant terminé le programme, l’absence de ressources facilement accessibles après la réhabilitation complique le maintien des bénéfices obtenus, en particulier le niveau d’activité physique.

Une thèse qui allie science, innovation et pratique clinique

De ce constant naît un projet de doctorat, actuellement en cours. Son ambition: mettre le numérique au service des personnes vivant avec une BPCO, en développant une intervention digitale d’autogestion pour les aider à maintenir une activité physique régulière, à domicile.

Baptisée «Respir’air BPCO», cette application mobile regroupe des modules éducatifs composés de textes, d’images, de schémas et de vidéos sur la BPCO, des recommandations concrètes pour l’activité physique, un suivi des pas avec définition d’objectifs personnalisés, ainsi que des informations sur la qualité de l’air et des notifications motivantes.

Loin d’être un simple gadget, le contenu de cette application repose sur un travail scientifique solide: revue de la littérature, groupes de discussion menés auprès de patient·es et de professionnel·les de santé, cadre théorique validé en sciences infirmières et comportementales et validation par un groupe d’expert·es du domaine.

L’étude

Pour évaluer cette intervention, une étude pilote sera lancée en janvier 2026 à l’Hôpital de Rolle, avec le soutien financier de la Ligue Pulmonaire Vaudoise et de la Fondation Givel.

Pendant six mois, deux groupes de participant·es vivront deux parcours différents :

  • Un groupe témoin, bénéficiant du suivi habituel
  • Un groupe expérimental, utilisant en plus l’application Respir’air BPCO

L’objectif? Mesurer la faisabilité, l’acceptabilité et les effets préliminaires de l’intervention, avant d’envisager une étude de plus grande envergure.

Le numérique au service du lien humain

Le projet «Respir’air BPCO» utilise le numérique comme un allié du soin, en complément des approches traditionnelles. Il permet de renforcer le lien entre patient·es et soignant·es, d’encourager l’autonomie et de soutenir la motivation au long cours. Le numérique n’a pas vocation à remplacer la relation de soin, mais à la prolonger, à la rendre plus accessible et personnalisée.

Au-delà de cette étude se dessine une vision d’une santé connectée centrée sur la personne, ancrée dans la discipline infirmière et portée par une perspective interprofessionnelle : une e-santé humaine, participative et durable, où l’innovation technologique est au service de la qualité de vie.

Article publié dans le Journal La Source d’hiver 2025

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