
Raphaëlle Guerbaai est responsable scientifique du Laboratoire d’Enseignement et de Recherche Vieillissement et santé depuis le 1er février 2025. Photo David Trotta © La Source
Nommée professeure HES ordinaire et responsable scientifique du Laboratoire d’Enseignement et de Recherche Vieillissement et santé au 1er février 2026, Raphaëlle Guerbaai présentait début juin son parcours, invitant à un voyage scientifique riche de multiples expériences internationales. Tour d’horizon, dans la Lettre R&I d’été 2026.
Par David Trotta, rédacteur, Institut et Haute École de la Santé La Source
Votre parcours, en bref ?
J’ai étudié les soins infirmiers à Liverpool, avec l’idée de poursuivre au-delà du Bachelor. J’ai ensuite réalisé un Master en santé publique à la London School of Hygiene and Tropical Medicine, centré sur l’épidémiologie. Cette formation, complétée par un mémoire en Tanzanie, a fortement orienté mon intérêt pour les enjeux globaux de santé. De retour en France, j’ai exercé en unité de soins intensifs de cardiologie à Grenoble, où j’ai développé des activités de recherche clinique. Confrontée à certaines incohérences dans la prise en charge des personnes âgées, j’ai entamé un doctorat à l’Université de Bâle sur les hospitalisations inappropriées en EMS. J’ai ensuite poursuivi un postdoctorat en Australie avant de rejoindre La Source.
Pourquoi avoir choisi le vieillissement ?
En pratique clinique, la majorité des patient·es étaient des personnes âgées, souvent avec des trajectoires de soins complexes. J’ai été marquée par des hospitalisations qui n’étaient parfois pas dans l’intérêt des patient·es, en particulier en fin de vie. Cela faisait écho à mon expérience personnelle. Mon intérêt s’est ainsi élargi: aujourd’hui, je considère le vieillissement dans une perspective globale, qui dépasse la seule clinique. Il s’agit aussi de prévention, de maintien du lien social et de qualité de vie tout au long du parcours de vie.
Quels sont les défis les plus urgents dans ce domaine ?
La formation en premier lieu. Les professionnel·les doivent comprendre la complexité du vieillissement, au-delà des seuls gestes cliniques. Il faut aussi valoriser la diversité des carrières pour renforcer l’attractivité de la profession. Ensuite, le développement et la reconnaissance de la pratique infirmière avancée sont cruciaux: ces rôles autonomes permettent d’améliorer la continuité des soins et de mieux coordonner les interventions. Enfin, le renforcement de l’interprofessionnalité, les propositions d’alternatives à l’hospitalisation, les possibilités de traitement, l’accès à l’expertise à domicile ou en EMS, constituent des leviers majeurs pour répondre au vieillissement de la population.