‘1 - PARTICIPEZ AU DEBAT: le blog’

Participer au débat socio-sanitaire…ou se taire à jamais!

Lundi 9 novembre 2009

Avez-vous remarqué le nombre d’objets traités par les médias suisses ces dernières semaines et qui concernent les infirmières? Autant de thèmes d’importance au sujet desquels notre profession s’illustre le plus souvent par son silence et l’Association professionnelle par sa grande discrétion, pour le moins.Or, le corps infirmier est attendu dans ces débats. Manque de relais politiques ? Conception encore appendiculaire de son rôle ? Perte de confiance face aux exigences que suppose la notion même de débat ? Toujours est-il qu’une pleine atteinte des objectifs de professionnalisation des soins infirmiers suppose que quelques représentants du corps professionnel émergent et mènent le débat tout en contribuant ainsi à construire une véritable « vision » pour la profession à 20 ans. L’Association Suisse des Infirmières (ASI), freinée par un combat entre les tenants de la discipline professionnelle et ceux de l’Auberge espagnole, tente de construire cette vision même si l’entreprise court le risque d’accoucher de poncifs, à vouloir contenter tout le monde. Pour finir, si notre Institut universitaire de formation et de recherche en soins (IUFRS,Lausanne) vient de démarrer les cursus de Master et de PhD en sciences infirmières, les diplômé-e-s de 2e et 3e cycle n’apparaîtront qu’au compte-goutte et plus tard, bien après les débats qui nous occupent aujourd’hui.Très bref tour d’horizon.

Le Gate Keeping, le managed care, les réseaux de soins sont des concepts systématiquement mis en avant depuis l’annonce des hausses de primes LAMAL. Basé avant tout sur le choix du médecin, l’obligation de contracter, l’accès aux spécialistes, la rémunération des actes médicaux et l’offre ainsi que le rôle des assureurs, ce débat tourne en rond. Ce n’est toutefois qu’en redéfinissant le principe et le périmètre de l’interdisciplinarité que de nouveaux modèles surgiront. Ainsi, le suivi des malades chroniques, l’un des enjeux majeurs de la santé de demain, devra être ré-examiné en terme de rôle des infirmières et de répartition des responsabilités, y compris celle de la prescription une fois le diagnostic établi. La pénurie de médecins ainsi que la féminisation de cette profession ouvre à de nouveaux modèles qu’il serait erroné de faire esquisser… aux seuls médecins.

Une récente étude de l’OBSAN met en évidence une aggravation de la pénurie de soignants, tous niveaux confondus. La pénurie d’infirmières est au cœur de ce constat et les milieux politiques cantonaux et fédéraux réalisent brutalement un état de fait mondial, connu de longue date. Chaque canton y va de sa réflexion et l’OFFT promeut une série de réponses essentiellement quantitatives visant à fournir rapidement des « bras » au milieu des soins. Aucune considération qualitative et encore moins scientifique n’étaye ces vues qui relèvent d’une approche pour le moins peu systémique de la problématique.

Ainsi, le niveau de formation des soignants est l’un des chantiers explosifs de ces prochains mois. En opposition : le modèle romand : CFC - Bachelor (avec progression possible vers Master et PhD) contre le modèle alémanique : Attestation – CFC - Brevet – Examen professionnel – Examen professionnel supérieur – Diplôme ES – Bachelor (limité à 5%) – rares Masters – très rares PhD, soit la lumineuse idée de faire cohabiter jusqu’à neuf niveaux différents !Les soins palliatifs et l’assistance au suicide touchent de près les soins infirmiers. Certains veulent opposer le premier au second et légiférer contre l’assistance. Les soignants, quant à eux, sont confrontés à ce qu’ils ressentent comme une rupture dès lors que le patient décide d’en finir. Faut-il alors privilégier l’auto-détermination ou cette hétéro-détermination où le corps social l’emporte sur la décision individuelle ? Et faut-il légiférer absolument au risque soit de permettre l’assistance au suicide soit de l’interdire ? Le code pénal, même s’il fallait en préciser un article au besoin, est la meilleure manière de protéger le citoyen contre les abus tout en évitant la légiférite aigue dont les effets se ressentent au quotidien puisqu’il n’existe pas une seule situation singulière qui puisse simplement être réglée par une loi ad hoc.

A H1N1, vous connaissez. Nous apprenions, début novembre que 80% des infirmières ne se feront pas vacciner!. L’ASI ne donne aucun mot d’ordre et le médecin cantonal vaudois questionne : les infirmières sont-elles moins informées ou moins responsables que les médecins ? S’il est évident que ce genre de décision est, in fine, personnelle, la responsabilité du corps infirmier est en jeu. Etre ou ne pas être un vecteur de l’infection ; être ou ne pas être capable d’assumer son rôle au cœur d’une pandémie ; être ou ne pas être capable différencier les connaissances scientifiques actuelles des croyances véhiculées par un new-agisme qui nous influence par trop ? Que de questions posées à une profession qui, magnifiée par ses incontestables qualités de cœur, en oublie parfois à se référer aux faits, au pur raisonnement intellectuel et aux principes d’une dialectique thèse/anti-thèse.Participons à ces débats ….ou taisons-nous à jamais.

Jacques Chapuis, Directeur de la Haute Ecole La Source - Lausanne

 

Ouvrir des Ecoles Supérieures (ES) de soins infirmiers en Suisse romande : où quand Berne a mal à ses boulons!

Samedi 10 octobre 2009

 

Douze arguments contre l’implantation d’Ecoles Supérieures (ES) de soins-infirmiers en Suisse romande ….…et, accessoirement, pour leur disparition sur l’entier du territoire

1. Lors de la mise en place de la HES-S2, l’enquête auprès des employeurs a démontré qu’ils ne souhaitent plus de confusion dans les rôles et compétences au sein des équipes. Ainsi, pour les soins, ils ont plébiscité le tandem CFC / Infirmière HES. Ce faisant, il articulaient clairement une fonction d’ « assistance » à une fonction « experte », éliminant sciemment l’agir « autonome » se situant entre deux (niveau ES).

2. Dans les années ’90, l’expérience de la Croix Rouge suisse instaurant la coexistence de deux niveaux au sein d’une même profession ( infirmières DNI et DNII ) a provoqué un mécontentement significatif auprès des employeurs et des infirmières elles-mêmes. Les DNI n’ont jamais trouvé leur place et ont majoritairement suivi des passerelles pour quitter le cul-de-sac dans lequel elles étaient engagées.

3. La gestion quotidienne d’un service est rendue de plus en plus difficile au fur et à mesure que l’on multiplie les différents niveaux de professionnels pour un champ commun (soins). Il est difficile et dangereux de devoir évaluer un acte pour décider de l’attribuer à un professionnel parmi de nombreuses strates. La sécurité du patient n’est pas garantie si l’acte est délégué à un professionnel qui n’a pas les compétences pour réagir à une complication ou une péjoration de l’état clinique. Dans ce sens, il faut doter les équipes de professionnels de niveau Bachelor (équivalents incl..) pour TOUT ce qui requière des compétences d’évaluation et de décision.

4. De nombreuses études scientifiques ont démontré les effets délétères iatrogènes lorsque le niveau de formation des infirmières n’est pas suffisant, la référence étant le tertiaire A. Les effets sont : mortalité des patients, complications, infections, allongement des hospitalisations, nombre de réhospitalisations, souffrance humaine pour le patient, Turn Over des équipes, burn out des infirmières, erreurs médicamenteuses etc… On trouve sur le site: http://www.ecolelasource.ch/blog/?cat=5  plus de 20 articles scientifiques allant tous dans ce sens et Aïken est l’un des auteurs les plus reconnus et cités ; dans ce sens, voir cet exemple : Hospital Nurse Staffing and Patient Mortality, Nurse Burnout and Job DissatisfactionLes auteurs démontrent l’évolution défavorable du taux de mortalité des patients et de l’apparition de burnout chez les infirmières en corrélation avec le ratio patients/infirmières. Les hôpitaux avec un ratio élevé présentent un risque plus important de mortalité, d’échecs à “sauver” et de burnout des infirmières.Aiken. L , Clarke. S & al , Hospital Nurse Staffing and Patient Mortality, Nurse Burnout and Job Dissatisfaction,JAMA, Oktober 23/30. 2002 - Vol 288, No 16

5. La situation de pénurie n’est pas nouvelle. A chaque fois, les réponses ont été d’abaisser le niveau de formation (aides-hospitalières, infirmières-asssitantes, DNI) et cela sans aucun succès ; cela n’a strictement rien changé !

6. La CH alémanique voir ses écoles Ecoles Supérieures (ES) se vider alors que les quelques HES sont limitées au quota (5-10%) fixé par l’OFFT alors que des listes d’attente doivent être établies pour le Bachelor. Il y a donc un engouement alémanique pour le Bachelor mais il est contenu par l’aveuglement doctrinaire de l’OFFT, de l’ODA santé et de passablement de chefs des Départements de la santé outre-Sarine.

7. La CH romande a vu son effectif passer de 1607 à 2207 étudiants en HES, filière infirmière, soit 37% d’augmentation entre le 15.11 2005 et le 15.09 2009 !!! La mise en place du Bachelor, doublée de celles des Master et PhD ouvre une réelle filière tertiaire A, des plans de carrière et donc, une réelle concurrence avec les facultés universitaires qui ne mènent pas obligatoirement à une profession et un emploi. Là se trouve un réservoir exploitable pour répondre à la pénurie tout en maintenant la qualité et la sécurité des soins.

8. Mettre en place un système de formation présuppose une vision d’avenir. Les enjeux actuels sont, notamment : vieillissement de la population, augmentation du n. des malades chroniques, enjeux de prévention et promotion de la santé, complexification multi-focales des situations de soins, élévations des exigences et des attentes en terme de qualité des soins, raccourcissement des hospitalisation avec transfert vers l’extra-hospitaliers de soins complexes, le gate keeping et la liaison-orientation pour ne citer que cela. La formation doit répondre aux besoins futurs et pas seulement actuels. Dans ce sens, la formation ES n’est pas de bon niveau et le Bachelor doit devenir l’unique titre d’entrée dans les soins infirmiers. Par ailleurs, seule une formation centrée sur les sciences infirmières peut contribuer au développement de solutions nouvelles (notamment les pratiques avancées) en matière de soins non médicaux et d’interface interdisciplinaire.

9. Le maintien des ES et l’implantation en CH romande serait un pas en arrière et ne donne aucune solution si ce n’est que cela coûte moins cher à la Confédération qui ne finance pas les ES alors qu’elle est engagée dans le budget des HES. Remettre en place un niveau ES provoque donc un report de charges sur les cantons sans résoudre pour autant les questions de pénurie et de réponse aux besoins de personnel qualifié.

10. La comparaison internationale montre que la tendance est à la professionnalisation des soins infirmiers et à l’effort en matière de recherche, de transfert de savoirs, d’evidence based practice etc… Seule la formation au niveau tertiaire A (Hautes Ecoles) permet de répondre à cette tendance et elle se met en place partout sauf en CH alémanique et en Allemagne, ilots singulièrement pétrifiés pour le moment.

11. Les exigences d’interdisciplinarité rendent nécessaire que les infirmières soient formées dans une culture proche des autres professionnels, notamment médecins. Elles doivent pouvoir participer activement au processus de prise en charge, en assumer une large part et disposer des outils intellectuels et cliniques pour le faire et interagir. Le niveau ES les place d’emblée dans une relation d’infériorité alors qu’elles sont au carrefour interdisciplinaire et le régulent en permanence.

12. Le modèle HES romand n’a pas encore été évalué. Et pour cause ! Il faut le conduire sur plusieurs cycles puis l’évaluer sans le remettre en question durant cette période. Ce n‘est que sur la base d’une évaluation rigoureuse que nous saurons s’il est inadéquat. Cela dit, les ES devront aussi être évaluées, sur la même base et il conviendra de vérifier que les ES ne forment pas à un niveau trop élevé, proche de la HES, ce qui prouverait de facto que c’est bien le niveau HES qui est le bon !

Jacques Chapuis

 

Qui veut noyer son infirmière dit qu’elle pique à côté !

Mardi 29 septembre 2009

La formidable progression des effectifs de la filière HES romande des soins infirmiers      (+ 37% en 4 ans) révèle un modèle de formation gagnant et plein d’avenir. Mais l’Office Fédéral de la Formation et de la Technologie (OFFT) ne l’entend pas de cette oreille. Placé devant la réalité de cette forte progression du Bachelor, doublée de l’ouverture réussie de deux filières universitaires (Master et Doctorat), l’OFFT maintient sa position : la formation infirmières doit avant tout se dérouler dans les Ecoles supérieures, de niveau moindre… Et c’est comme ça, même si tout, y compris la pénurie, plaide pour une évolution des trois parties de la Suisse vers le modèle de formation Bachelor HES!

Ce succès romand ne clôt donc pas le combat en faveur d’une complète professionnalisation des soins infirmiers suisses. Quitte à ne prendre en compte que l’une des dimensions de l’obstruction « crasse » au modèle HES, la reconnaissance à posteriori des titres mérite quelques précisions. 

Il s’agit de la procédure normale selon laquelle la Confédération reconnaît les titres délivrés antérieurement au passage des formations en Hautes Ecoles. Sous certaines conditions, toutes et tous y ont droit et nous saluons ici le fait que nos collègues diététiciennes, sage-femmes, physiothérapeutes et ergothérapeutes puissent d’ores et déjà s’en prévaloir. Mais, PAS les infirmières et les infirmiers!

La faute à qui ou à quoi ? Officiellement au fait que la formation alémanique est principalement située au degré Ecole Supérieur, un niveau inférieur au degré HES mais considéré par certains comme largement suffisant. Toutefois, cet argument n’est pas rédhibitoire et serait réglé sans grosses difficultés, si la volonté politique était présente. Mais elle n’y est visiblement pas, et le nombre élevé d’infirmières et d’infirmiers y contribue. D’aucun craignent que ce milieu féminin en vienne à réclamer la parité, notamment salariale, avec les professions masculines ; à noter que cette crainte repose  tant sur des raisons socio-historiques (association des soins aux tâches ménagères…féminines), que sur des questions de coûts de la santé (craintes d’un mouvement haussier en terme de salaires).

Alors, l’OFFT rechigne à donner justice aux infirmières et aux infirmiers et fait de cette profession un cas particulier, lui déniant un minimum de justice et d’équité. Elle ne délivre aucune reconnaissance à posteriori et bloque ainsi des centaines de diplômé-e-s qui pourraient envisager une formation complémentaire au niveau universitaire dont nous  avons urgemment besoin.  Malgré que les employeurs le réclame, le Master en sciences infirmières est difficile à faire admettre alors qu’il existe dans de nombreuses autres filières HES, que ce soit dans la gestion, la musique, l’oenologie ou le travail social pour se limiter à quelques exemples.

Dans ce contexte, le démarrage d’une volée de 13 étudiantes de niveau Master à Lausanne, ce 16 septembre, est un événement marquant. Malgré les embûches de l’OFFT, la non reconnaissance à posteriori des diplômes et une campagne de presse défavorable (NZZ et Le Temps) étrangement orchestrés par cet Office fédéral…il s’est trouvé 13 personnes disposant d’un Bachelor pour inaugurer la formation.

Piquant, non ?

Jacques Chapuis

Pénurie et Cécité

Dimanche 27 septembre 2009

Pénurie de soignants : les romands connaissent la solution

Septembre 2009 sera la rentrée de tous les records au sein de la filière HES-SO infirmière romande. En effet, pas moins de 680 nouveaux  rejoignent la formation d’infirmière HES. Au 15 septembre, l’effectif de la filière (6 écoles romandes) dépasse les 2′200 étudiants et étudiants se préparant au Bachelor en soins infirmiers. La progression et fulgurante : + 37% % en 4 ans !

Il s’agit là d’une preuve supplémentaire qu’un modèle de formation en Haute Ecole, axé sur le Bachelor et incluant des perspectives de Master et de Doctorat représente LE modèle qui attire les jeunes et rend cette profession attractive et moderne.

Toujours en septembre 2009, la première volée de 13 étudiantes de niveau Master  débute à l’Institut Universitaire de Formation et de Recherche en Soins (IUFRS Lausanne). Ces étudiantes seront au contact des 7 doctorantes de l’institut. Que faut-il penser de la taille de cet effectif inaugurant le cursus conjoint « HES-SO - Université de Lausanne) ? 

Extraordinaire ! Après d’innombrables embûches fédérales, des délais mettant tous les acteurs en situation permanente d’urgence et, surtout, en l’absence totale de « reconnaissance à posteriori » du titre d’infirmière (procédure permettant aux diplômés expérimentés de faire valoir leur diplôme comme un Bachelor), il faut saluer le démarrage de cette volée que l’Office fédéral de la formation et de la technologie ne voyait définitivement pas d’un bon œil.

La Suisse romande privilégie des équipes du futur associant les titulaires du CFC d’Assistante en Soins et Santé Communautaire aux infirmières HES, seul titre infirmier délivré. Le passage d’un niveau à l’autre est assuré via une année ponctuée par le Maturité professionnelle. Le magnifique succès de ces deux formations démontre que la réponse à la pénurie de soignants repose dans leur promotion auprès des jeunes et ce, en y associant des mesures de valorisation de la pratique professionnelle et de fidélisation des diplômés. 

Les perspectives de l’OBSAN en matière de pénurie font perdre le sang froid de nos autorités fédérales mais aussi des cantons alémaniques qui ont tout misé sur un niveau de formation ES, inférieur. Aux dernières nouvelles, leurs écoles se vident et la panique enfle. Mais aucun cataplasme n’est opérant ici ; seule une réflexion sur ce qui fonctionne vraiment devrait guider les décideurs. Or, il existe de très bons exemples à l’étranger et un individu ouvert d’esprit devrait s’intéresser aux modèles qui associent l’attrait des filières professionnelles à la sécurité des patients et à la qualité des soins. De nombreux chercheur ont démontré cette corrélation entre niveau de formation et qualité/sécurité 

Il suffirait donc d’aller voir ce qui se fait ailleurs pour s’en inspirer. Pour l’Office fédéral de la Formation et de la Technologie (OFFT), la Romandie serait-elle un ailleurs qui ne parvient qu’à renforcer la cécité bernoise ?

Möglich …..!

Jacques Chapuis

Obtention du tire à posteriori

Mercredi 1 juillet 2009

Le 06 avril 2009, j’ai fait une demande à l’OFFT d’obtention a posteriori du titre d’une haute école spécialisée (cf. Lettre et CV Bachelor, documents ci-joints).

 

Le 30 avril, j’ai reçu une réponse négative de l’OFFT argumentant qu’il était nécessaire dans un premier temps de mettre en évidence une différentiation concluante des compétences finales des formations aux niveaux “écoles supérieures” et “hautes écoles spécialisées” (cf. Obtention titre HES).

 

Je m’étonne et m’offusque que la Confédération autorise le Bachelor et le Master en soins infirmiers (nécessitant un niveau Bachelor) et ne permette pas l’obtention a posteriori du titre d’une haute école spécialisée. Il est évident qu’une différentiation entre ES et HES est nécessaire. Toutefois, cet argument n’est pas recevable quand un Bachelor et un Master sont reconnus par la Confédération.

 

Joachim Rapin

Infirmier chef de service (ICS)

Hôpitaux de jour et Policliniques PED/CHP

BH-11/529

CHUV

1011 Lausanne

Répondre à la pénurie : professionnaliser ou déprofessionnaliser?

Mercredi 17 juin 2009

Un récent rapport de l’Observatoire de la santé (OBSAN) fait état d’une aggravation prévisible de la pénurie d’infirmières. Phénomène récurrent, le spectre de la pénurie ne doit pas être minimisé sans pour autant céder à la panique.

Pourtant, une tendance à répondre quantitativement à la problématique pousse nos autorités politiques à promouvoir un abaissement des niveaux de formation et à segmenter toujours davantage le champ des professions de la santé (multiplication des “métiers” du soin) au mépris du souci qualitatif. Dans cet ordre d’idées, la Suisse introduit dès à présent une attestation professionnelle en deux ans, qui s’avère inférieure au CFC d’assistant-e en soins et santé communautaire. Après l’attestation en deux ans faut-il s’attendre à voir celle en un an, voire moins ?

Parallèlement, plusieurs sections alémaniques de l’ association professionnelle (ASI) convoquaient les journalistes pour leur signaler leur inquiétude devant la pénurie d’infirmières ; à noter que ces sections, sont clairement celles qui relaient haut et fort le credo de l’OFFT, à savoir que la pénurie ne peut être combattue que par un nivellement des formations vers le bas et le maintien de la formation infirmière en dehors des HES. L’équation est des plus simple :

formations moins exigeantes = plus d’infirmières = moins de pénurie

Pourtant, une revue de la littérature scientifique démontre très clairement que cette équation est erronée. Elle n’est qu’une démonstration quantitative simpliste qui élude mystérieusement les dimensions qualitatives du soin. Un tel déni suppose que tout un chacun peut devenir infirmier ou infirmière, ce métier (et non cette profession) étant avant tout « pratique » et guidée davantage par le bon sens que par des savoirs ; toute femme bien disposée devrait donc pouvoir l’exercer ; l’en dissuader par des études exigeantes serait alors un non-sens, voire un mécanisme d’exclusion sociale…rien de moins.

Nous prétendons que l’équation doit être corrigée :

Diplômes HES (bachelor-master-PhD) = filière professionnelle attractive = plus de professionnels infirmiers

= moins de pénurie + garantie de qualité des soins.

L’histoire récente, en Romandie, nous donne raison. De 1700 étudiant-e-s en 2003, la filière infirmière de la HES-SO a vu son effectif passer à 2040 en octobre 2008 : +20%, une croissance si évidente que l’OFFT peine à y déceler une solution d’avenir !

Que faut-il de plus, si ce n‘est affirmer que le tandem CFC/Bachelor représente une bonne solution : un métier de l’assistance aux côtés d’une profession de niveau expert.

Le CFC d’assistante en soins et santé communautaire est un premier maillon de qualité qui donne à ce métier de l’assistance un titre clair, comparable et reconnu. La mobilité verticale est assurée dès lors qu’il est possible aux assistantes en soins et santé communautaire d’accéder aux HES via l’obtention d’une Maturité professionnelle (un an complémentaire). Un modèle remarquable, simple et qui contribue à clarifier les rôles. Alors, que faire de cette volonté, chez certains, de promouvoir des formations intermédiaires ? Pour quoi faire ? Parce que le Monde a horreur du vide et comble chaque espace, chaque palier ?

Serait-ce une solution pour soigner les populations les moins « dommages » ? Et si …..c’était pour des motifs économiques ?

Economiser une fois de plus sur le dos des infirmières, quelle belle idée ! Cela d’autant plus que ce serait avec l’accord de toutes celles et ceux qui ne voient pas passer les « boulets » ; on ne peut rêver de meilleurs partenaires…

Les soins infirmiers sont confrontés à de nombreux défis, aux côtés des autres professionnels de la santé. Relever ces défis, au sein d’un environnement complexe en constant changement nécessite de pousser à son terme le mouvement de professionnalisation des infirmières et des infirmiers. Une seul filière “Bachelor- Master- PhD” pour répondre aux défis que nous posent l’élévation de la prévalence des maladies chroniques pour ne citer que cet aspect!

Déprofessionnaliser serait non seulement une erreur; il s’agit d’une tentation irréfléchie dont les coûts financiers et humains seraient catastrophiques.

Jacques Chapuis, La Source

Bachelor, Master…et quoi encore ?

Mardi 16 juin 2009

Mars 2009, l’Office fédéral de la formation et de la technologie donnait enfin son accord en vue de l’ouverture d’un programme de Master en sciences infirmières en Suisse romande. C’est après plus de quinze mois de tergiversations que venait enfin l’autorisation tant espérée. Concrètement, cela signifie que l’Université de Lausanne (UNIL) et la HES de Suisse occidentale (HES-SO) peuvent exploiter un programme conjoint menant au titre de Master. Et pas n’importe quel Master puisque celui-ci concerne la discipline infirmière, ses savoirs et ses pratiques propres.

Si l’on y ajoute le programme de doctorat en sciences infirmières, débuté à l’UNIL en septembre 2008 déjà, nous disposons maintenant d’une filière complète au sens même des accords de Bologne. Ainsi, en Suisse romande, HES-SO et Université se répartissent les tâches et collaborent dans le cadre de cette filière :

 Bachelor = HES-SO  /  Master = HES-SO + UNIL  /  PhD = UNIL

Grâce à la complétion du système de formation des infirmières et des infirmiers romands, nous pouvons espérer que l’effectif des étudiant-e-s en soins infirmiers ne cesse de croitre ces prochaines années. De 2003 à 2008, cet effectif romand a augmenté de 20%. La perspective d’une filière complète, comparable aux autres professions, devrait séduire bon nombre de jeunes à la recherche d’une carrière dans les soins et devrait offrir des perspectives de développement tant au plan clinique qu’à celui de la recherche.

La Source compte déjà trois professeures en voie doctorale dans le champ des sciences infirmières; il s’agit de Mme Annie Oulevey Bachmann, de Mme Corinne Borloz et de Mme Suzanne Cordier. Une véritable chance pour notre école, pour l’enseignement infirmier et pour la recherche.

D’aucun s’interrogent sur le sens de cette réforme qui leur paraît élitiste ; ils semblent regretter le « bon vieux temps ». Si je fais partie de ces diplômés qui comptabilisent 30 années de carrière, je n’ai toutefois aucune tendance à idéaliser le passé, à oublier que les temps ont changé.  Ainsi, pour moi c’est une évidence : la société du 3e millénaire est toujours plus complexe, rapide et technologique. Il ne serait pas tolérable qu’au titre d’une nostalgie, nous prenions le risque d’abandonner notre champ de compétences historiques à quelque ingénieur, économiste voire technologue en soins. Notre exercice professionnel est complexe, interdisciplinaire et requiert des professionnels infirmiers qui soient « bien dans leurs baskets ». C’est ce que nous offrons à nos étudiant-e-s, c’est aussi notre raison de nous lever chaque matin.

Jacques Chapuis, Directeur

Cet article paraît parallèlement dans le journal de La Source, numéro de juin 09 

Session spéciale du Conseil National le 29 avril 2009

Mercredi 29 avril 2009

Intervention de Mme Josiane Aubert, Conseillère Nationale, sur le Master en sciences infirmières et les mesures du Conseil fédéral contre la détérioration de la qualité de la formation en soins infirmiers.

Lors de la session spéciale du Conseil National du 29 avril 2009, Mme Josiane Aubert, Conseillère Nationale, est intervenue sur le “Master en sciences infirmières” et “les mesures du Conseil fédéral contre la détérioration de la qualité de la formation en soins infirmiers”.

Le classement des interpellations de Mme Aubert et Sylvia Schenker, faites en décembre 2007, ont occasionné cette nouvelle intervention. En 2007, les interpellations portaient sur le « Master en soins infirmiers » et la « formation en soins infirmiers.

Intervention de Josiane Aubert au Conseil National du 29.04.2009 sur le Master en sciences infirmières

Enfin un Master en sciences infirmières !

Vendredi 3 avril 2009

Proposé conjointement par l’Université de Lausanne et la Haute école spécialisée de Suisse occidentale, le Master ès Sciences en sciences infirmières débutera dès septembre 2009. C’est la première fois qu’une université suisse et une haute école spécialisée unissent leurs forces pour créer conjointement et intégralement un programme d’études supérieures. Cette avancée historique marque un nouveau départ pour la formation en Suisse !

Communiqué de presse de la HES-SO sur le Master en sciences infirmières

Emission FR2, Ils font bouger la France “Hôpital : attention danger !”

Mardi 3 mars 2009

Pénurie de médecins, infirmières au bord de la crise de nerfs, erreurs médicales en série, urgences engorgées…Une émission exceptionnelle pour répondre aux questions que les français se posent sur leurs hôpitaux. Avec de nombreux invités dont Madame Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé en France.

La pénurie d’infirmiers et d’infirmières en France est dramatique ! Mme Bachelot parle de 10′000 places de formations inoccupées. Il faut rendre la profession plus attractive. Elle annonce les mesures mises en place pour la rentrée de septembre 2009 : la formation en soins infirmiers sera de niveau Licence, un diplôme universitaire. On rentre dans le système, Licence, Master, Doctorat. Cela permettra une meilleure reconnaissance de la formation, mais aussi une augmentation des salaires ainsi qu’une perspective de carrière pour les infirmiers et infirmières… Les écoles pourront enfin remplir leurs classes vides !

Emission diffusée sur FR2 le mardi 3 mars 2009. Visionnez l’émission :

http://programmes.france2.fr/ils-font-bouger-la-france/index.php?page=article&numsite=2789&id_article=7595&id_rubrique=2792

Le Temps : “Les invisibles causes perdues” de Beat Kappeler

Samedi 28 février 2009

Article dans Le Temps du 28 février 2009

Le Temps du 28.02.09

Le Temps : “Feu vert pour un Master en soins infirmiers !”

Jeudi 26 février 2009

Article dans le Temps du 26 février 2009

“Après avoir renâclé, l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie (OFFT) accepte un projet de la Haute école spécialisée (HES) romande. Mais en tirant la sonnette d’alarme : il faut que les Romands maintiennent des filières de la santé en dehors de la HES.”

Le Temps du 26.02.2009

Secteur de la santé: il y a menace de manque de personnel

Mercredi 25 février 2009

Article dans le Neue Zürcher Zeitung (NZZ) le 25 février 2009

“Il faut plus de personnel dans le domaine paramédical. La Confédération souhaite harmoniser la formation pour les professions de la santé. Ainsi la dépendance par rapport au personnel étranger sera réduite.”

Article en allemand

NZZ du 25 février 2009